Être chrétien aujourd’hui n’est pas toujours simple. Nous sommes continuellement pris entre la pression du monde et le désir d’entretenir une bonne communion avec le Seigneur. Notre emploi du temps reflète souvent cette bataille : combien de dimanches sacrifions-nous pour une réunion importante au travail ? Combien d’heures consacrons-nous aux écrans, par rapport au temps passé dans la Parole ? La question n’est pas de savoir si nous devons utiliser notre temps pour travailler, nous divertir ou nous reposer, mais plutôt de déterminer ce à quoi nous accordons la première place.
Le monde est ennemi de Dieu. Il ne recherche que son propre bien, il ne veut rien savoir du salut par la foi ni des bénédictions de Dieu. Il veut être au centre de sa propre vie et, sans le savoir, il accomplit les désirs de son père spirituel, Satan.
La Bible démontre clairement que le monde est sous l’influence de Satan, Jésus le présente comme le père du mensonge (Jean 8:44). Rien dans le monde ne nous encourage à aimer Dieu. Au contraire, les disciples de Jésus et la Parole de Dieu sont des réalités que le monde ne veut pas entendre. Ses valeurs sont à l’opposé de ce que Dieu nous enseigne.
Combien de fois entendons-nous les affirmations suivantes ?
- Il faut vivre pour aujourd’hui,
- L’argent fait le bonheur,
- ou encore Chacun sa vérité.
Ces maximes, profondément ancrées dans la culture contemporaine, s’opposent frontalement aux paroles de Jésus.
Ne nous attendons pas à ce que le monde nous aime. Jésus nous dit, dans Jean 15:18-19, que le monde nous hait parce qu’il a détesté le Seigneur en premier. Jean, dans sa première lettre, affirme également que tout ce qui est dans le monde ne vient pas de Dieu (1 Jean 2:15-17).
Nous devons savoir — ou plutôt garder en mémoire — que nous étions autrefois comme les gens du monde, totalement inconscients de l’imminence du jugement de Dieu. Nous étions peut-être religieux, mais complètement éloignés de ce que Dieu avait prévu pour notre bonheur éternel (Éphésiens 2:1-3).
Ce qui nous distingue clairement du monde, c’est qu’en tant que disciples de Jésus, nous avons accepté par la foi l’amour que Dieu offre au monde, comme Jean 3:16 nous le démontre. Nous avons mis notre foi en Christ, qui est mort à la croix en payant le prix de mes péchés et des tiens.
Le monde exerce sa pression par des moyens très accessibles : la consommation excessive, les priorités professionnelles qui absorbent le temps consacré à la prière, les relations compromises avec ceux qui méprisent la foi, les médias qui normalisent le péché et cette peur constante du « manque », qui nous pousse à faire confiance à nos propres efforts plutôt qu’à la provision divine.
L’isolement spirituel menace le croyant de s’éloigner du Seigneur et des frères et sœurs de l’Église locale. Le monde exerce sur nous une pression continuelle. Combien de relations entretenons-nous qui ne font qu’affaiblir notre foi, sous prétexte d’être « tolérants » ou « inclusifs » ? Le monde nous dit d’être comme lui pour être acceptés.
La Bible nous rappelle que, bien que nous ayons les deux pieds sur terre, nous sommes déjà citoyens des cieux. Notre destinée céleste est à notre grand avantage (Éphésiens 2:19). C’est là que Jésus viendra nous chercher pour nous conduire dans la maison du Père (Jean 14:1-3).
Avec l’aide de l’Esprit, venu habiter en nous après avoir chassé l’ennemi de notre cœur, nous avons compris la folie du monde et de ses multiples idoles. Malgré leurs belles promesses, celles-ci n’ont jamais rien accompli dans notre ancienne vie.
C’est tout le contraire de ce que l’œuvre de l’Esprit accomplit en nous. Le fruit de l’Esprit, décrit dans Galates 5:22-23, le démontre très bien : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi ». « La loi n’est pas contre ces choses. » Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs (Galates 5:22-24).
Rien de semblable ne se retrouve pleinement dans le monde. On peut y trouver, ici et là, certains de ces éléments, mais jamais la totalité du fruit de l’Esprit. L’ennemi les met en valeur dans la mesure où il peut en tirer profit ; une fois son objectif atteint, il enlève son masque et se montre tel qu’il est.
Satan et le monde qui est sous son emprise n’acceptent pas la transformation qui s’opère dans la vie du croyant. Le monde peut paraître aimable, mais dès que l’occasion se présentera, il nous démontrera son mépris. Il cherchera, comme le diable l’a fait, à nous tromper, à nous séduire et à nous éloigner de l’Église. Si Satan n’a pas hésité à défier Jésus et à lui tendre un piège, ceux qui suivent ses voies ne manqueront pas d’imiter son exemple.
Gardons donc fièrement les yeux fixés sur notre Sauveur, qui a déjà vaincu le monde. En lui, nous n’avons rien à craindre : il a tout accompli pour nous, et cela bien avant notre naissance (Jean 3:16 ; 16:33 ; Romains 5:6).
La Parole de Dieu est claire : nous serons éprouvés et mis à l’épreuve par le monde. Mais Dieu a déjà tout préparé pour que nous en sortions vainqueurs, et même plus que vainqueurs. Premièrement, nous ne sommes pas seuls dans ce combat : l’Esprit Saint intercède déjà pour nous (Romains 8:26). Il est celui qui nous connaît le mieux ; il connaît nos points faibles et il lui a été confié de nous enseigner toutes choses (Jean 14:26). Nous ne sommes pas laissé seul !
Ce qui nous distingue du monde sans Dieu, c’est que, par la foi en Christ, nous avons été justifiés de nos péchés (Romains 5:1). Nous étions auparavant injustes devant Dieu, qui ne peut tolérer le péché en sa présence. Mais, par la victoire de Jésus sur la mort, nous avons le privilège d’être déclarés justes en lui.
Il est impossible au monde d’obtenir la justification par ses propres moyens, car l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la loi, mais seulement par la foi en Jésus-Christ. C’est uniquement par la foi que nous sommes adoptés spirituellement et que nous devenons enfants de Dieu, fièrement adoptés par le Père (Romains 8:15 ; Jean 1:12).
Ainsi, même si nous tombons dans le péché, Dieu ne nous délaissera pas. Il est écrit que Dieu soutient le juste (Psaume 37:17b), qu’il affermit ses pas et qu’il prend plaisir à sa voie. « S’il tombe, il n’est pas terrassé, car l’Éternel lui prend la main » (Psaume 37:23-24).
Concrètement, cette opposition se manifeste lorsqu’un collègue nous presse de tricher dans un rapport pour plaire à notre supérieur, lorsqu’un ami se moque de notre refus de participer à des activités immorales, lorsque la société valorise l’autonomie totale et rejette toute forme d’autorité spirituelle, ou encore lorsque nous devons choisir entre une promotion qui exige des compromis et l’intégrité devant Dieu.
Chaque jour, le monde nous propose des chemins larges et faciles qui semblent rationnels et avantageux, mais qui nous éloignent de la croix.
Le secours de Dieu sera toujours accessible à ceux qui sont justifiés en Christ. Dans son amour pour nous, Dieu est allé jusqu’à mettre à notre disposition une armure, c’est-à-dire des armes pour combattre le monde et le diable (Éphésiens 6:10-19). Il s’agit surtout d’armes défensives, même si l’une d’elles est clairement offensive : l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu. Le bouclier de la foi, quant à lui, nous protège contre les traits enflammés de l’ennemi et nous permet de lui résister.
Finalement, retenons précieusement dans notre cœur les deux vérités suivantes.
Paul affirme d’abord que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8:28).
Plus loin, il nous interpelle ainsi :
« Que dirons-nous donc à l’égard de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie ! Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? Selon qu’il est écrit : C’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour, Qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »
Romains 8:31-39
Voilà de quoi apaiser nos cœurs, lorsque nous considérons la grandeur de Dieu pour chacun de ses enfants. Le monde n’est pas en mesure d’accomplir une œuvre comparable. Il n’a que des illusions à nous offrir et des promesses impossibles à tenir, tandis que Dieu a déjà commencé à agir dans nos cœurs par l’action de son Esprit.
Sylvain Bigras
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