Les cantiques que nous chantons révèlent ce que le christianisme est pour nous. Certains chants expriment nos désirs et notre joie d’avoir un Dieu pour nous. Combien il est bon pour moi… Le « je » et le « nous » abondent dans les cantiques nouveaux. Est‑ce là de l’adoration ?
Dans les vieux cantiques d’il y a quelques décennies, c’était Dieu que nous élevions et glorifions. C’était lui le sujet de nos cantiques. Plusieurs chants étaient des extraits de la Parole de Dieu, ce qui nous aidait à mémoriser les Écritures.
Qu’est‑ce que l’adoration ?
Un temps de louange le dimanche matin ou le moment que nous prenons dans l’intimité avec Dieu pour lui témoigner toute notre reconnaissance pour ce qu’il a fait pour le salut de nos âmes. Jésus a expliqué ce que doit être l’adoration à la femme samaritaine. Il lui a d’abord dit qu’il n’y a pas de lieu désigné pour adorer. Il a souligné un fait important : il n’y a pas, pour Dieu, de lieu particulier pour l’adoration. C’est ce qu’il a dit à la femme samaritaine que « Ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père » (Jean 4.21). Cette affirmation aurait pu provoquer une crise religieuse si elle avait été prononcée devant les pharisiens de l’époque.

Dans le sermon sur la montagne, Jésus désigne un lieu accessible à tous : il encourage chacun à prier dans un lieu précis, disant « Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme la porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6.6).
Jésus était régulièrement en déplacement avec ses disciples. Loin de sa chambre, il trouvait un autre endroit privé pour parler avec Dieu le Père. Marc 1.35 affirme : « Vers le matin, alors qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. » Dieu désire avoir un entretien privé avec toi, avec moi… La prière publique, telle que pratiquée par les pharisiens, est pour lui un acte « hypocrite » (Matthieu 6.5) ; ils ne cherchent qu’à recevoir la reconnaissance des autres autour d’eux.
Pour Jésus, la prière n’est pas une simple liste de désirs personnels que nous présentons au Père. Il propose un modèle de prière qui montre que celle‑ci doit commencer par l’adoration et la recherche de la volonté de Dieu :
« Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » (Matthieu 6.9‑10).

Pour Jésus, la priorité de tous ses disciples est que Dieu soit reconnu pour sa grandeur unique et que, dans nos prières, nous demandions avant tout l’avancement de l’œuvre de Dieu, tant sur la terre que dans les cieux. C’est souvent cette partie que nous négligeons, car nous oublions de l’inclure.
Remarquons ce que le Seigneur a dit à la femme samaritaine : « L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. » (Jean 4.23).
Notre adoration ressemble‑t‑elle à ce que Jésus affirme ?
Trop souvent, nos prières ne sont pas faites en esprit mais bien par des désirs charnels. Ce n’est pas mauvais en soi, mais ce sont nos désirs personnels qui prennent la place de ce qui doit venir de l’Esprit, en accord avec le plan de Dieu. Dans le modèle de prière de Jésus, les besoins personnels arrivent à la fin seulement. Commencer par un « Je veux », c’est placer en premier ce qui est temporaire et personnel, sans portée éternelle. Dieu voit à long terme et son plan est pour plusieurs personnes…
Dans l’adoration comme dans la prière, nous nous trouvons devant la présence de Dieu. La bienséance veut que nous soulignions, d’un cœur reconnaissant, sa grandeur. Notons ce que Jean a entendu en premier dans la présence de Dieu : « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout‑Puissant, qui était, qui est, et qui vient ! » (Apoc. 4.8b). Ensuite, il a entendu les vingt‑quatre vieillards, qui, se prosternant devant Dieu, l’ont adoré en disant : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance ; car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées. » (Apoc. 4.11).
Nos prières oublient que nous nous adressons à un Dieu tout‑puissant, qui mérite notre adoration. Nous devons être remplis d’admiration devant lui. Il n’est pas à notre service ; au contraire, c’est nous qui sommes à son service. Il ne nous doit rien ; c’est nous qui lui devons tout, notamment le fait de nous avoir accordé sa grâce et de nous permettre d’accéder librement à sa présence, au trône de sa grâce (Hébreux 4.16).
Sylvain Bigras

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